Histoire d’un Berger hors norme

Histoire d’un Berger hors norme

Le Berger de Beauce compte parmi les plus anciennes races françaises et a certainement une origine commune avec les différentes races bergères. Jusqu’à une période relativement récente, il semble donc que tout le travail du chien de berger fut la défense du troupeau.

C’est en 1809, dans le cours d’agriculture de l’abbé Rozier, que l’on parle alors de deux races de chiens de berger, dont un mâtin et l’autre un chien de plaine. Et ce n’est qu’en 1863, à la première exposition canine organisée à Paris par la Société Impériale d’Acclimatation à l’occasion de l’Exposition Universelle, que figurèrent 13 chiens à oreilles droites, à poil noir et fauve, qui étaient bien du type lupoïde. Sans aucun doute, c’était la première apparition officielle de ce qui devait devenir le Berger de Beauce. Jusque-là, seuls étaient définis quelques types de chiens ; chiens de luxe et chiens de chasse, alors que le chien de berger était considéré comme un outil indispensable mais sans plus de considération.

Les races bergères

C’est au cours du XIXe siècle seulement que l’idée de races bergères s’est précisée. Le monde agricole vivant en vase clos et pratiquant peu d’échanges avec ses voisins, chaque région a gardé son particularisme. Il est alors aisé d’imaginer que, dans une région précise, un chien rustique, obéissant, actif, intelligent, etc. rendant un excellent service pour la conduite du troupeau a pu devenir le créateur d’une souche bergère.

20 ans pour former une certaine homogénéité

Comme à cette époque, le chiot ne présentait aucune valeur vénale, il n’était pas question de conserver la portée entière ; on ne gardait que le ou les chiots retenus. Pour déterminer son choix dans les premiers mois de vie, la manière la plus simple et la plus normale était de ne conserver que les chiots ressemblant le plus au géniteur choisi, partant du fait que s’il y avait ressemblance physique il y aurait probablement identité aussi pour les aptitudes et pour les qualités morales. Ainsi, si l’on considère les générations canines de deux ans en deux ans, dans un temps relativement court, une vingtaine d’années ont suffi pour former, dans des régions précises, des ensembles de sujets présentant une certaine homogénéité.

Vers 1900 apparurent des Beaucerons à poil ras. En effet, certains éleveurs pour des raisons diverses donnèrent la préférence à des chiens à poil ras et souvent de couleur très foncée, les feux n’apparaissant que très peu ou pas du tout. Des lots assez importants de cette variété furent alors présentés ; ce fut du temps perdu pour l’avenir de la race, car, en restant dans le poil primitif, c’est-à-dire court battant, on avait le chien tout indiqué et bien plus pratique pour les travaux auxquels il était destiné. Cette toison faite par la nature protège mieux des intempéries journalières, ce poil battant donne plus de satisfaction que le poil ras, il entretient une certaine fraîcheur de la peau pendant les périodes de chaleur et protège du froid pendant l’hiver. Il fallait rappeler cette tentative car, de nos jours, on retrouve encore certains Beaucerons avec un poil ras, souvent très foncé et une tête longue et maigre; on les qualifie de “dobermanisés”, mais il est fort probable que ce sont des résurgences des chiens sélectionnés dans ce type à cette époque. De 1914 à 1918, des chiens Berger de Beauce d’un excellent type participèrent avec tout leur courage, toute leur force, au sauvetage des blessés.

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